Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /Août /2009 19:15

J'ai pu vivre en silence quelques expériences qui m'avaient énormément marqué. DIEU m'avait offert un métier qui me permettait de fréquenter des êtres humains bien particulier. Je ne vous laisserai pas deviner, je suis en vérité une institutrice dans une école primaire, dans le milieu rural. J’ai pu à travers mes élèves voir une vie toute différente, j'ai pu voir de près une pauvreté bien résistante.
Dans un douar ou les hommes sont absents (partis à la recherche du pain comme on dis pour leurs petites familles) il n'y a que les femmes, les petits et les vieux. Dans le bled, les femmes ne travaillent pas, elles passent seulement leur temps à attendre, attendre l'argent gagné à la sueur du front de leurs maris, attendre leur venu et attendre un destin imprévisible.
Je me rappelle du jour ou j'ai pu comprendre leur peine, c'était une matinée bien froide, à 8 :30 peut être, j'ai remarqué qu'un de mes élèves est plié sur lui, je me suis approché de lui, je mîs ma main sur sa tête, il leva ses yeux pour me voir, je n'ai vu qu'un ange pâle, il était fort clair qu'il était malade, je lui ai posé la question : qu'est ce que tu as ?-J'ai mal au ventre maîtresse. -tu as pris ton petit déjeuner avant de venir ?-oui maîtresse. -alors tu as peut-être mangé quelque chose de mauvais. -non maîtresse j'ai mangé un morceau de pain avec un verre de thé. -et ton dîner d'hier ?-c'était encore du pain et du thé. -et le déjeuner ? Du pain et du thé. Stupéfaite je n'ai pas pu m'empêcher de lui encore poser la question, -et le petit déjeuner ? Du pain et du thé. Alors là j'étais convaincue que je dois m'arrêter. Les autres ne semblaient pas étonnés autant que moi, c'est comme s'il s'agit d'une évidence et que c'était le cas de tout le monde. Après des jours et des jours j'ai pu côtoyés leurs mamans, qui ne faisaient que confirmer mes conclusions, ces femmes passent leur vie à compter les jours, elles attendent le jour du souk (marché) pour subvenir à leur besoins,elles attendent la venu de leurs maris,...elles attendent le jours ou leurs petits grandissent pour pouvoir les aider, elles ne veulent plus croire qu’il  s’agit d’un cercle vicieux et que  eux aussi attendent leur tour pour quitter leur famille pour les mêmes raisons que leur pères, malheureusement  ces femmes n’ont que supporter, supporter encore l'agonie du temps.

 

Par yasmine
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Commentaires

Une histoire triste mais en même temps tellement bien raconté...Bienvenue dans ma communauté!
Commentaire n°1 posté par virginie Edensland le 05/08/2009 à 20h34
Demain, tu dois venir !
Aux malheureux, Tu dois sourire !
Ils ont oublie de rire,de pleurer.
Ils ont oublie de vivre, de respirer !
Ils sont morts.
Mourant de fin, de soif, de froid,
de malheurs éternels.
Pourtant, de leurs tombeaux
Ils attendent une naissance,
bien nouvelle.
Commentaire n°2 posté par fayçal le 11/08/2009 à 17h44
voici une histoire qui interpelle et qui demande réaction, tu es toujours institutrice dans ce village? n'y a t'il pas de culture? de fruits? rien? n'est il pas possible de monter une chaine de solidarité pour tenter d'améliorer un peu les conditions de vie? ce serait peut être une goutte d'eau mais quelques fois ... et puis peu c'est mieux que rien non? pourquoi ces femmes attendent elles sans réagir?
Commentaire n°3 posté par fabienne le 15/08/2009 à 15h39

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