C’est grâce à toi que j’avance
Derrière moi, mes souvenirs.
Mes peines, mes haines
Ne me semblent qu’une semence.
Je ne l’arroserai plus.
Je ne la laisserai pas vivre
Elle doit mourir,
Sans regret, sans rire.
Tout le monde le saura.
Ils diront peut être que je suis criminelle.
Peu importe, qu’ils dénoncent !
Désormais je brise le silence.
Ils parlent du passé.
Hier ou l’année dernière,
Moi je ne vois plus la nuance
Tout est passé, ils sont perdus.
Mais l’avenir me reste
Dans son cœur, je fonce et je danse
Et c’est toujours grâce à toi « oubli »
Rappelez-vous de cet ange perdu
Qui enchantait les esprits!
Rappelez-vous de ce regard furtif
Que personne n’a compris!
Rappelez-vous de ces sentiments déguisés
Aussi longtemps que vous vivrez!
Voix mourante,
Proie à des mouvements divers,
Les mots qui lui manquaient cachaient tant de misères
Il allait décrocher la lune pour être à l’abri.
Ses yeux occultaient tant de mystères.
Il dansait
Et de cette danse macabre
Rappelez vous!
J'ai pu vivre en silence quelques expériences qui m'avaient énormément
marqué. DIEU m'avait offert un métier qui me permettait de fréquenter des êtres humains bien particulier. Je ne vous laisserai pas deviner, je suis en vérité une institutrice dans une école
primaire, dans le milieu rural. J’ai pu à travers mes élèves voir une vie toute différente, j'ai pu voir de près une pauvreté bien résistante.
Dans un douar ou les hommes sont absents (partis à la recherche du pain comme on dis pour leurs petites familles) il n'y a que les femmes, les petits et les vieux. Dans le bled, les femmes ne
travaillent pas, elles passent seulement leur temps à attendre, attendre l'argent gagné à la sueur du front de leurs maris, attendre leur venu et attendre un destin imprévisible.
Je me rappelle du jour ou j'ai pu comprendre leur peine, c'était une matinée bien froide, à 8 :30 peut être, j'ai remarqué qu'un de mes élèves est plié sur lui, je me suis approché de lui, je mîs
ma main sur sa tête, il leva ses yeux pour me voir, je n'ai vu qu'un ange pâle, il était fort clair qu'il était malade, je lui ai posé la question : qu'est ce que tu as ?-J'ai mal au ventre
maîtresse. -tu as pris ton petit déjeuner avant de venir ?-oui maîtresse. -alors tu as peut-être mangé quelque chose de mauvais. -non maîtresse j'ai mangé un morceau de pain avec un verre de thé.
-et ton dîner d'hier ?-c'était encore du pain et du thé. -et le déjeuner ? Du pain et du thé. Stupéfaite je n'ai pas pu m'empêcher de lui encore poser la question, -et le petit déjeuner ? Du pain
et du thé. Alors là j'étais convaincue que je dois m'arrêter. Les autres ne semblaient pas étonnés autant que moi, c'est comme s'il s'agit d'une évidence et que c'était le cas de tout le monde.
Après des jours et des jours j'ai pu côtoyés leurs mamans, qui ne faisaient que confirmer mes conclusions, ces femmes passent leur vie à compter les jours, elles attendent le jour du souk
(marché) pour subvenir à leur besoins,elles attendent la venu de leurs maris,...elles attendent le jours ou leurs petits grandissent pour pouvoir les aider, elles ne veulent plus croire qu’il
s’agit d’un cercle vicieux et que eux aussi attendent leur tour pour quitter leur famille pour les mêmes raisons que leur pères, malheureusement ces femmes n’ont que supporter,
supporter encore l'agonie du temps.
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